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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/13

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Laure Conan

« Dans ce roman, nous dit Mademoiselle Marie-Claire Daveluy[1], Laure Conan touche d’une main délicate et apitoyée à ces conflits du cœur, si fréquents au Canada, entre jeunes catholiques et jeunes protestants. L’intuitive romancière avait deviné tout ce que cache d’intérêt passionnant et de douloureuse beauté, l’analyse de ces duels d’âmes religieuses. Elle avait tenté depuis longtemps ce que l’abbé Groulx, dans un article de l’Action française, 1917, conseille à nos romanciers futurs : “Qui nous peindra, dit-il, avec ces incidents dramatiques, le dualisme religieux et presque toujours national, introduit dans nos foyers par le mariage mixte ? ” »

Ce roman a été réédité, en 1897, par la maison Leprohon, sous le titre : Larmes d’amour.

En 1884, Laure Conan publiait son deuxième roman : Angéline de Montbrun. Ce roman, de genre épistolaire, le plus difficile selon Balzac, eut un des plus beaux succès, à tel point que sa cinquième édition vient de paraître. En voici l’analyse, telle que faite par M. Charles Ab-der-Halden, auteur parisien, dans ses Nouvelles Études de littérature canadienne-française :

« Cent dix-sept pages de lettres, cinq de narration, cent cinquante-trois de journal intime. Tel est l’aspect extérieur du roman. Quatre personnages principaux, mais surtout une âme : Angélique.

« Charles de Montbrun, jeune encore et veuf, s’est consacré à l’éducation de sa fille. Il veut la

  1. Voir l’Action française, mars 1918.