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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/127

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Mlle Michelle LeNormand

sons-nous, mes sœurs, pour Dieu et la patrie ! Saurait-on mieux prêcher ?

« Presque tous les mouvements de l’âme sont envisagés dans ce volume. La tristesse s’y montre quelquefois, et même l’angoisse devant l’inconnu de la vie. Mais ces troubles, ces inquiétudes sont vite maîtrisés, comme supérieurement dominés par une confiance illimitée en la divine Providence, et suivis de l’abandon serein du petit enfant dans les bras de sa mère ! Si nous ne craignions d’écraser l’auteur délicat sous le poids de termes trop lourdsà porter, nous dirions que Michelle LeNormand est par-dessus tout un moraliste pénétrant, un excitateur de bien, un professeur de vertu sociale et patriotique. Et nous ajouterions au plus vite : tout cela est coupé d’éclats de rire, de propos enjoués, d’entrain… endiablé, —— dont s’accommodent fort bien la morale et le lecteur ! Un parfum de saine jeunesse flotte entre les chapitres, un souffle frais et pur circule dans les phrases, tandis qu’une pieuse ardeur spiritualise souvent le style, qui prend alors des ailes.

« Méditez sur les morceaux suivants : Mauvais silences, Paroles vives, La Girouette, Les pires heures, Anxiété, Le Phare, etc.

« Isolons — car il ne cadre bien nulle part — l’article intitulé Psychologie dentaire, si plein de verve et d’enfantine drôlerie. Il y a là une admirable étude en raccourcis de la lâcheté commune aux deux sexes, devant la perspective d’une sieste dans le fauteuil de torture, de la peur qui temporise et retarde la fatale opération. Une page où tout le monde revit ses transes est une page parfaite.