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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/126

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Auteurs féminins

— descriptions ou tableaux de nature. Chacun de ces genres est marqué d’un signe original qui l’apparente à une personnalité bien distincte. Chaque page présente un aspect de ce riche talent. Rien de prétentieux, de tendu, de femme de lettres, mais la parfaite simplicité dans le bon sens et la joie de vivre, où les dons de l’esprit et du cœur s’équilibrent, s’harmonisent et se fondent : charme, grâce, intelligence !

« Michelle LeNormand regarde curieusement en elle-même ; elle s’examine, réfléchit, médite… En apprenant à se connaître, elle apprend à se décrire, elle et les autres, puisqu’il est un fond commun par quoi tous les humains se ressemblent. Bien qu’elle s’étonne de l’étrange complication de son “ moi ” et qu’elle déclare maintes fois n’y rien comprendre, nous pouvons en déduire que c’est déjà posséder une grande connaissance de soi-même que de se rendre compte qu’on n’y comprend rien ! C’est se connaître autant qu’il est possible que de se savoir “ divers et ondoyant ”. Ne se “ déchiffre ” pas qui veut ; l’âme est un abîme où l’on s’enfonce, où s’accumulent d’épaisses ténèbres qui n’ont pas de fin ; c’est déjà beaucoup que d’y rencontrer un peu de lumière et de la faire briller aux yeux d’autrui, par charité chrétienne.

« Michelle LeNormand revient souvent du fond d’elle-même avec des rayons dans les mains, qu’elle offre aux moins bien douées, en disant : Voyez comme je suis, voyez comme vous êtes ! La lumière qui m’éclaire vous éclaire aussi. Regardons en nous : il y a du bon et du mauvais. Extirpons le mauvais, cultivons le bon, améliorons le meilleur. Embellis-