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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/125

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Mlle Michelle LeNormand

« Michelle LeNormand réunit, sous un titre qui en indique assez la variété de tons, un certain nombre d’articles parus dans le Devoir et le Nationaliste. Ces chroniques — ou billets — dont aucune ne se rapporte étroitement à l’actualité, ont conservé la fraîcheur et la nouveauté de l’inédit.

« Michelle LeNormand est cette jeune fille qui, en 1910, eut l’audace de se présenter au public, — plutôt sceptique quant aux talents de son âge et de son sexe — tenant d’une main ferme un premier livre immortel ! Le public le lut d’abord pour voir ; le charme opéra, et la masse des lecteurs fut conquise au point que le petit livre : Autour de la Maison en est au cinquième mille, en attendant les autres.

« C’est que l’auteur avait fait entendre une musique nouvelle aux oreilles blasées, qu’il avait parlé des enfants de chez nous sans puérilités, — ce qui est extrêmement difficile, et qu’il avait mis sous les yeux de tous des choses que tout le monde avait vues et que personne n’avait dites aussi bien que lui. Il s’était penché affectueusement sur le coin de terre natal, avait regardé, écouté, puis écrit. Il en résulta, n’hésitons pas à l’affirmer, un chef-d’œuvre du terroir, un livre qui restera tant que des enfants canadiens joueront dans les vieux villages, autour des vieilles maisons, et tant qu’il y aura des papas et des mamans qui voudront revivre leur enfance.

« Le nouvel ouvrage de Michelle LeNormand, s’il n’a pas l’unité de composition de son prédécesseur, démontre de pareils dons de style et d’observation. Les pièces qui le composent pourraient être divisées en trois groupes principaux, sous la désignation respective : analyse du “ moi ”, d’un “ moi ” non haïssable ! — portraits ou “ caractères ”