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Page:Belin - Le palais des thermes et l’hôtel de Cluny.djvu/71

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les deux prairies qu’on nomma dans la suite le petit et le grand Pré-aux-Clercs. Dans les titres des xii et xiiie siècles, il est mentionné sous le nom de Fossé, et plus généralement sous celui de Petite-Seine.

L’enclos du jardin des Thermes, soit qu’il ait changé de nom ou de maître, soit qu’il ait cessé d’être jardin pour recevoir une autre destination, a long-temps conservé son intégrité primitive. Sous la première race de nos Rois, Fortunat le désigne par ces mots : les Jardins de la reine Ultrogothe. Sous la troisième race, on le nomme Clos de Lias ou de Laas. Ce mot Lias ou Laas paraît dériver de notre article le, rendu par l’équivalent li ou la, et du mot as, par altération de l’expression latine arx, palais, citadelle[1] ; ainsi Clos de Lias signifierait le clos ou le jardin du palais, ou de la citadelle. C’est, en effet, sous cette dénomination d’arx, que le même poète Fortunat parle du palais des Thermes, dans ce vers (déjà cité) :

Dilige regnantem celsâ, Parisius, arce[2]
  1. Ducange offre des exemples de cette altération en France. Voyez son Glossaire, au mot as.
  2. Fortunati carmina, lib. 6, carmen 4.