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de la présente délibération, pour y avoir recours en cas de besoin.

« Et pour que la présente délibération ait toute l’authenticité nécessaire, elle sera présentée à MM. les premiers gentilshommes de la chambre du roi, en les suppliant de vouloir bien l’agréer et confirmer ; puis il en sera fait deux copies, dont l’une sera annexée aux registres de la Comédie, et l’autre, signée de tous les comédiens, sera remise à MM. les commissaires des auteurs dramatiques, pour, à l’avenir, avoir forme et force de loi.

« Fait et arrêté dans l’assemblée de la Comédie, « tenue dans la salle des Tuileries, le dimanche 1 1 « mars 1780.

Conseil ! S ^ « 6 Co’ » ’L’J — Chausse-Pierre, Jabineau, ’’’l de la Yoiile, Gerbier, Brunet. i Préville, Brisard, Bouret, Vanhoae, Desessarts, Bellecour, Fleury, Mole, Drouin, Pré Me, Vestris, Suin, Dugazon, Courville, Luzzi, Dazincourt, Dorioal, Pontkeuil, Bellement, Contai, Doligny, Lachassagne. « Vu et approuvé pour avoir son exécution, à « Paris, ce 31 mars 1780. WS " Le maréchal duc de Duras.

« Le maréchal duc de Richelieu. » Je remis aux comédiens le décompte de ma pièce, pour être écrit sur les registres de la Comédie, et servir de modèle aux décomptes futurs, avec parole de le signer sur ce registre quand on m’avertirait qu’il y était inscrit, et d’y transporter aussi le pouvoir donné par tous les auteurs à leurs commissaires, pour terminer en leur nom, comme nous venions de le faire.

Ainsi l’accord semblait tellement arrêté, que Report 130, 6081. 2s. Cd.

DÉPENSE A SOUSTRAIRE.

Quart des hôpitaux, lequel,

étant fixé à 60, 000 livres

par an, et disisè par 324,

’I ■ par jour 185 1. 3 s.

S d., et pour quarante-six

représentations 8, 5181. 8 s. 8 d. Frais journaliers fixés a 600

livres : quaraute-six repré seutations 21, 000 »

PRODUIT MET 94, 489

Dont le neuvième pour le

droit d’auteur est de 10, 408

FRAIS EXTRAORDINAIRES.

soldats à 20 sous… 184 • » Frais de théâtre, à 4 liv. par jour : quarante-six repré se itations 184 « »

»

Dout le quinzième seulement

à déduire sur le dr 1 au teur est 24

H est dû a M. de Beaumarchais, tous frais faits. 10, 174 chacun se félicite, el dit en se serrant la marn : l oilù <i<<iii— tout fini ; el moi, bonhomme ainsi que mes confrères, je dis avec les autres : Voilà donc tout fini : mais quelqu’un du conseil de la Comédie souriait dans sa barbe, et grommelait en lui-même : Et moi je dis que tout n’est pas fini. Il s’en fallait beaucoup que toul le fût, el nous connaissions mal les gens avec qui nous traitions ! Je me suis dit plus d’une fois : Est-ce donc une chose si naturelle et tellement inhérente à la Comédie, de ne pouvoir vivre et prospérer sans piller les auteurs, que des droits bien reconnus, une discussion profonde, un décompte exact, et enfin un accord signé de tous, ne puissent arrêter cette fureur d’usurper ! Cl croira-t-on que dans ce même cabinet deM e Gerbier, où nous fondions un accord public sur d’aussi grands sacrifices d’auteurs, et dans le moment même où nous le terminions, on travaillait à minuter sourdement un arrêt du conseil (qu’on se gardait bien de nous communiquer), par les clauses duquel on était bien sûr de regagner sur les auteurs deux l’ois plus que mes travaux ne venaient de forcer les comédiens de leur restituer ?

O comédiens ! les gens de lettres, qui sont les distributeurs des réputations, se taisent sur votre compte, ou ne parlent pas trop bien de vous : comment n’avez-vous su qu’aliéner les seuls hommes capables de vous rendre par leurs écrits ce que le préjugé vous refuse, la considération publique ? Vous êtes applaudis comme gens à talent : pourquoi ne voulez-vous pas être loue— comme une société de gens honnêtes, la seule chose qu’il vous importe aujourd’hui d’acquérir ? En effet, trois semaines après la signature de l’accord, les auteurs apprennent qu’un nouvel arrêt du conseil existe (2a avril 1780). On en fait un grand mystère ; et ce ne lut que plus d’un mois après qu’il eut été lu à la Comédie, que je parvins à en obtenir une copie. On citait entre autres l’article 7, dont quelqu’un avait fait le relevé.

« Art. 7. Les sommes au-dessous desquelles les « pièces seront censées être tombées dans les régies demeureront fixées, comuB elles l’étaient dans « l’ancien règlement, à douze cents livres pour les représentations d’hiver, età huit cents livres pour « les représentations d’été… » Arrêtons-nous un moment : ceci mérite un double examen.

Cet article 7 semblait d’abord n’être fait que pour rappeler, confir r, donner enfin tore,’de lui à l’usurpation sur les ailleurs insérée en 1737 dans un règlement non communiqué, lequel avait abusivement port.’la chute dans les règle— ;, de cinq cents livres, où elle était depuis cent ans, à la somme de douze cents livre-. Voilà bien la confirmation d’un règlement secret