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prince généralissime me fit un accueil plein d’intérêt et de bonté. C’était un vieillard de soixante-quatorze ans, d’une taille ordinaire, d’une physionomie agréable. Il avait perdu l’œil gauche. Ses cheveux blancs, son visage sillonné par plusieurs cicatrices profondes, inspiraient le respect.

Je restai pendant trois heures avec lui dans son cabinet, et j’eus souvent occasion d’être étonné de l’extrême facilité avec laquelle il s’exprimait dans notre langue, et surtout de sa vaste érudition.

Lorsque je lui eus dit mon nom, il parut réfléchir un instant. « Êtes-vous parent, me dit-il, de MM. de Beauvollier qui ont joué un rôle si honorable dans les événemens militaires de la Vendée, et dont l’un fut signataire d’une lettre adressée à S. M. l’impératrice Catherine II pour lui demander des secours contre les Républicains ? — C’est moi, lui répondis-je, qui ai signé cette lettre, en ma qualité d’intendant-général et de premier membre du