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deux mille cosaques sur la route de Moscou à Smolensk. Il fut fait prisonnier, après avoir perdu là presque tout son monde, et refusé de se rendre à plusieurs sommations. Il était couvert de blessures, dont il mourut peu de jours après. Son régiment, qui ignorait la perte qu’il venait de faire, et qui ne le croyait que prisonnier, lui envoya douze cents francs. Cette somme fut remise au prince Kutusow le lendemain de la mort de ce brave officier. Le prince renvoya l’argent au corps qui le lui avait adressé, en lui donnant connaissance de l’événement. Cet officier-général fut également regretté des Russes et des Français.

Napoléon, qui n’avait pas perdu l’espoir d’amener Alexandre à des négociations, voyant qu’aucune circonstance favorable ne se présentait, se décida enfin à envoyer à Kutusow le général Lauriston, l’un de ses aides-de-camp, avec une lettre pour l’empereur Alexandre, laquelle contenait des propositions de paix et l’offre de lui envoyer son aide-de-