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rejetée. M. de Beauvollier ne fut pas plus heureux lorsqu’au mois d’octobre 1793, après l’étonnante victoire remportée à Laval, il ouvrit l’avis de se borner à entretenir les communications qu’on venait d’obtenir avec les provinces d’outre-Loire, et, profitant de la stupeur où se trouvait l’ennemi, de revenir avec le gros de l’armée, reprendre tout le pays qui avait été abandonné. Mais une autre proposition moins importante que fit bientôt M. de Beauvollier fut unanimement adoptée ; ce fut la création d’un papier-monnaie, qualifié de bons royaux, portant intérêt à cinq pour cent, et dont l’objet était à la fois de subvenir aux besoins de l’armée et d’attacher à la cause royaliste les porteurs de ces effets. Il en fut créé pour deux millions cinq cent mille francs. Mais bientôt l’armée royale, épuisée de fatigue et de misère, déjà prodigieusement affaiblie par des désastres partiels, succomba dans une action générale sous les murs et dans la ville du Mans. Mme de Beauvollier, qui, pendant la bataille, s’était réfugiée