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flammes dans des caves dont les maisons, préservées d’abord, furent ensuite incendiées.

Après avoir été arrêté plusieurs jours aux portes de la ville, je pus enfin y entrer, et je m’établis avec M. Lecomte, inspecteur des forêts, dans des écuries en pierre qui étaient restées debout après la destruction du bâtiment dont elles faisaient partie. Comme il n’entrait point dans mes goûts de me procurer les moyens d’existence par la violence ou par des recherches périlleuses, j’eus beaucoup de peine à vivre. Le pain et la viande étaient très-rares et se vendaient fort cher.

Moscou avait été abandonné de ses nombreux habitans ; mais ceux des villages environnans étaient presque tous restés dans leurs foyers. Napoléon envoya des commissaires dans ces villages pour engager les paysans russes à apporter leurs denrées à Moscou deux fois par semaine comme par le passé, en leur assurant qu’elles leur seraient bien payées ; il donna ordre en même temps