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table de ses forces, malgré la résistance qu’il éprouvait, il n’avait pas perdu l’espoir de forcer l’empereur Alexandre à lui demander la paix.

Kutusow, le plus vieux des généraux russes, avait succédé au général Barklay de Tolly, dans le commandement en chef de l’armée. Ce général venait de terminer glorieusement la guerre avec la Turquie. Il jouissait d’une grande réputation militaire. Kutusow, soit qu’il eût ordre de protéger Moscou par tous les moyens possibles, soit qu’il fût jaloux de se mesurer avec le plus habile capitaine de l’Europe, se décida à attendre Napoléon entre Mojaïsk et Gjat, dans une position forte, qu’il rendit plus formidable encore par la construction de divers ouvrages.

De son côté, Napoléon se préparait à en venir aux mains. L’idée de livrer bataille à un général qu’il avait déjà vaincu à Austerlitz, le remplissait de joie. Il accorda deux jours de repos à ses troupes ; et le 4 septem-