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acclamations d’une population nombreuse, qui faisait retentir sur son passage les cris de Vive l’Empereur des Français ! Vive le Grand Napoléon !

Au milieu de cet enthousiasme, qui était plutôt le résultat de la crainte que l’effet d’un sentiment réel de dévoûment et d’affection, l’armée restait calme et silencieuse. La garde surtout, que l’habitude des conquêtes semblait avoir rendue impassible, ne manifestait d’autre sentiment que celui d’une obéissance aveugle.

On n’était encore qu’au début de la campagne, et déjà l’armée avait beaucoup souffert. On dut sentir alors combien il était difficile de conduire à travers un pays pauvre et mal peuplé, une armée aussi nombreuse, suivie d’un matériel immense. La grande quantité de voitures occasionait à chaque instant des encombremens, qui ajoutaient beaucoup aux fatigues des marches.

La maraude et la dispersion du soldat avaient commencé depuis la sortie de Prusse.