Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/41

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les chemins impraticables ; on avait perdu beaucoup de chevaux ; la seule route de Wilna était jonchée de plus de dix mille de leurs cadavres, qui y répandaient l’infection. Un grand nombre de soldats, épuisés par des fatigues et des privations trop prolongées, encombrèrent en arrivant les hôpitaux de cette ville, qu’on se hâta d’y établir.

Les Français n’entrèrent point en vainqueur dans Wilna. Napoléon voulut en faire le centre de l’insurrection polonaise, et l’entrepôt des effets d’équipement ; on donna en conséquence les ordres les plus sévères pour qu’elle fût respectée. Ces ordres furent suivis rigoureusement. Il est vrai de dire que ce fut la seule ville qui échappa à la rapacité du soldat. Quelques mois plus tard, au moment de la retraite, elle subit la commune loi, et fut pillée à son tour.

Pendant son séjour dans cette capitale de la Lithuanie, Napoléon passa une revue générale de ses troupes. Chaque jour il se promenait à cheval dans les rues au milieu des