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et les enferme. Il ordonne à Clément-de-Ris de le mener dans son cabinet, et de lui apporter sur-le-champ son argenterie, qu’il fait placer dans le cabriolet, avec défense au postillon de dételer ; il met ensuite la main sur un coffre d’acajou dont il demande la clef ; Charles a dit qu’il avait toujours soupçonné ce coffre de contenir la correspondance révolutionnaire de Clément-de-Ris. Celui-ci lui ayant répondu sur-le-champ qu’il contenait le cœur embaumé de sa fille, Charles assure qu’il n’eut pas le courage d’exiger qu’on ouvrît le coffre, et il n’en parla plus. On mit un bandeau sur les yeux de Clément-de-Ris ; on le fit monter en voiture sans chapeau, et l’on donna l’ordre au postillon de partir. Clément-de-Ris croit avoir fait beaucoup de chemin ; on voulait seulement éviter les communes d’Azé et de Bléré, et après beaucoup de tours et de détours on le conduisit au Portail, ferme auprès de Loche, appartenant à M. Delacroix, espèce d’idiot, que Charles connaissait beaucoup moins que sa