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après eux, mais ils les écartèrent à coups de fusil ; et c’est d’une manière aussi étourdie que publique qu’ils commencèrent leur expédition. Dans un petit bois voisin de Beauvais ils revêtirent des uniformes de chasseurs. Leur travestissement à peine achevé, il passa un cabriolet qui revenait de Tours, où il avait conduit madame Clément-de-Ris et son fils aîné, qui étaient allés au bal que donnait Graam, le préfet, pour la fête du 1er vendémiaire. Ce cabriolet ramenait madame Brûlé, et avait pour conducteur le postillon de Clément-de-Ris. Charles arrêta la voiture et demanda où ils allaient ; sur la réponse que c’était à Beauvais, il dit qu’il voulait les escorter. Clément-de-Ris était sur le seuil de sa porte pour attendre madame Brûlé. Charles laisse deux hommes en faction à la grille, et court sur-le-champ à Clément-de-Ris, qu’il somme, au nom de la loi, de déclarer combien il a de monde dans sa maison ; sur sa demande Clément-de-Ris lui déclare quatorze ou quinze personnes. Il les rassemble sur-le-champ