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valeur même dans ses ennemis. Serait-il possible que vous n’eussiez pas une grande idée d’un peuple qui, depuis cinq ans, combat avec tant de constance et de courage des troupes qui sont la terreur de l’étranger ? Quant aux chefs royalistes, vous le savez, ils n’ont d’autre refuge que dans leur énergie et un noble désespoir. Vous ne pouvez méconnaître des Français à de tels sentimens et à de telles actions ; et vous les traiterez avec générosité, j’en suis sûre ; vous le devez à vous-même et à la nation. — Madame, réplique Hoche, je veux répondre à votre démarche généreuse et à votre sollicitude toute française. Une partie de ce qu’on me demande est contenue dans mes proclamations aux soldats royalistes ; je puis accorder quelque chose aux officiers ; mais vous avez des émigrés dans votre parti, et les lois sont formelles contre eux. — Pourquoi en connaître, général ? Il n’y a parmi nous que des officiers royalistes ; ils sont tous sous le même contrôle.