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conquérant de ce vaste empire n’aurait pas dédaigné d’entrer dans cette voie de prospérité pour les peuples qu’il aurait associés à sa fortune et aux destinées de la France.

Les productions de la Russie sont indispensables aux puissances européennes ; d’où il suit que cet empire est comme un immense magasin de contrainte qui appelle impérieusement dans ses ports les navigateurs et les acheteurs. Depuis 1762 jusqu’en 1777, l’exportation s’est accrue d’un à sept.

Le commerce asiatique est la réunion de celui de la Perse, de l’Inde et de la Chine.

Pierre le Grand avait conclu un traité de commerce avec la Perse, et jeté les bases d’un autre traité plus avantageux encore avec la Chine.

La France, eu égard à sa position continentale, ne pouvait-elle pas obtenir par le commerce de l’Inde, fait avec les moyens bornés que comportent les communications par terre, des avantages qui eussent balancé ceux que l’Angleterre retire de la contrebande ? Désormais privée de toute consommation en Europe, et n’ayant plus que la stérile ressource de dépenser