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ger l’insurrection et réorganiser sur un nouveau plan les divisions de Laval et pays circonvoisins, y envoya le comte de Dieusie, chargé en même temps de se procurer les munitions dont les royalistes du Maine étaient abondamment pourvus. Il se hâte d’aller remplir sa mission. À son retour, il entre avec deux officiers et un domestique dans un château près de Château-Gonthier, et s’y arrête : déjà il a été signalé au commandant républicain, qui dans la nuit fait investir le château. Dieusie s’évadait et gagnait la campagne, quand, au détour d’un chemin creux, il tombe dans un poste ennemi. Les soldats veulent le fusiller à l’instant même et le faire mettre à genoux ; il s’y refuse, et on le perce à coups de baïonnettes, de la manière la plus cruelle. Il n’avait pas vingt-deux ans et avait fait toute la guerre.

Vers cette époque, le vicomte de Scépeaux, ayant eu à Paris des relations avec les agens du Roi, revint dans l’Anjou, muni de pouvoirs pour commander en chef toute cette