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pays où leur sûreté ne reposait que sur la force de leurs bras, sans aucun secours étranger, devaient-ils se laisser écraser en s’obstinant à résister au torrent ? c’eût été évidemment une folie. Selon Mme de Turpin, toutes les personnes sages, attachées uniquement au Roi et à leur patrie, furent alors de cet avis. « Dans les circonstances que nous rappelons, dit-elle, les royalistes étaient-ils plus blâmables de suspendre le carnage que ne le furent depuis toutes les autres nations et toutes les couronnes d’en agir ainsi quand la nécessité le réclama ? »

Les commissaires et les généraux de la Convention ne demandèrent d’abord qu’une suspension d’armes ; elle n’eut lieu dans le district de Segré, que vers les premiers jours de mars.

Cormatin, major-général des royalistes de Bretagne, avide de traiter, s’étant rendu à Nantes sans avoir pu ouvrir de communications avec le parti de MM. de Scépeaux, Turpin et Dieusie, crut néanmoins pouvoir aussi négocier en leur nom. Mais ces trois chefs ne