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tion depuis Candé jusqu’au-delà de la Mayenne, vers La Flèche et Château-Gonthier.

Quoique ardens royalistes, ils évitèrent d’abord d’agir ostensiblement sous leurs propres noms, pour ne pas compromettre leurs familles, alors en otages et captives dans les prisons d’Angers. Ils se faisaient représenter, dans le commandement en chef des paysans insurgés, par un gentilhomme du nom de Sarrazin, d’un caractère hardi et d’une bravoure chevaleresque. Ce nouveau parti, élevé tout-à-coup, prit des insurgés de Fougères et de Vitré le nom de Chouans, par analogie et par extension. Cette désignation, dont voici l’origine, semble n’appartenir qu’au hasard.

Quatre frères, nommés Cottereau, contrebandiers à Saint-Ouen-des-Toits, près Laval, avaient pris l’habitude, pour éviter toute surprise dans leurs opérations nocturnes, de contrefaire le cri du chat-huant pour se reconnaître dans les bois ; aussi finit-on par ne plus les désigner que sous le nom de chouans, par corruption du mot chat-huant, que