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lutionnaires, ainsi que toute sa famille, elle fut réincarcérée au mois de mars 1794, dans la ville d’Angers, maison d’arrêt du Calvaire, où elle resta huit mois. Mme de Turpin ne sortit de prison que trois mois après le 9 thermidor, époque de la mort de Robespierre ; elle resta en surveillance dans la ville d’Angers jusqu’au moment où MM. de Turpin eurent organisé plusieurs districts et repris les armes. Ce fut alors que les républicains aux abois cherchèrent, comme dans la Vendée, à faire porter des paroles de paix aux chefs royalistes de la rive droite de la Loire. Un commissaire de la Convention y fut envoyé ; il se nommait Bezard. Instruit qu’on s’était servi à Nantes de la sœur de Charette pour porter à ce chef royaliste des propositions pacifiques, il crut que madame de Turpin, dont le caractère de modération était connu, ne refuserait pas une mission de cette importance auprès des chefs de la rive droite. Madame de Turpin ne s’y prêta que pressée elle-même par les généraux de son parti.