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postillon de la voiture de Sa Majesté se croisant avec la voiture d’une dame polonaise, et ayant trop pris sur la droite, mit les roues dans le dérivé du fossé, caché par la neige, et versa la voiture dans le fossé. La commotion fut assez forte pour que Mme la duchesse d’Angoulême, qui avait la place de gauche du fond de la voiture, fût portée de coin en coin à la place du devant ; et par ce mouvement elle tomba sur le Roi. La glace de la portière du côté droit fut brisée ; et si la glace du fossé n’eût tenu bon, il était possible que, l’eau entrant dans la voiture avant qu’on eût le temps d’en sortir le Roi, il en résultât le plus grand malheur. Heureusement ni le Roi ni sa nièce ne furent blessés ; pas même M. le comte d’Avaray ni Mme de Sérent. Ce qui fit plus souffrir le Roi, ce fut d’être obligé d’attendre sur le grand chemin, debout sur un morceau de glace, la voiture du duc de Fleury ; elle fut plus de deux heures à le rejoindre. Le Roi y monta de suite, et vint à