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vait-elle pas incommoder nos augustes voyageurs, d’autant plus que le Roi éprouvait déjà un sentiment de douleur goutteuse, et Madame un gros rhume, qui, miraculeusement, n’eurent l’un et l’autre aucune suite ? Le Roi ne savait pas un mot de sa destination ultérieure ; il se croyait destiné à habiter, au moins pendant long-temps, les grands chemins et les cabarets…, sans argent et sans savoir où en prendre. Quelle position ! M. le comte d’Avaray me disait : « Voilà la quatrième fois que nous sommes à ne pas avoir de quoi vivre pendant deux mois ; la Providence est venue à notre secours, et j’y ai la même confiance ; elle n’abandonnera pas notre maître et sa chère nièce ; c’est un ange qu’elle lui a réservé pour sa consolation. » La politique des cabinets cherchait probablement à la séparer de son oncle ; il paraît certain que la tentative en a été faite, puisque, dans une lettre que Son Altesse Royale écrivait de Mémel à la reine de Prusse, il y avait cette phrase : « Plus d’une