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sa route de Pologne à Mittau, et qu’il n’y éprouvât ni désagrément, ni le moindre retard. On ne put qu’en conclure que c’était un personnage de la plus haute importance. Tout aussi curieux de le connaître que qui que ce fût, je m’aperçus aisément qu’on avait résolu de garder le secret le plus inviolable à son sujet ; je me donnai bien de garde d’en parler à M. le comte d’Avaray, mais je questionnai Pottin, son valet-de-chambre ; il me dit que lorsqu’il avait introduit le Roi dans le cabinet de son maître, celui-ci se hâta de refermer la porte, mais pas assez promptement pour l’empêcher de voir un jeune homme de belle taille, de vingt-quatre à vingt-cinq ans, avec de beaux cheveux, et en habit de voyage, se jeter tout en larmes aux pieds du Roi. Je savais que depuis quelque temps, madame la duchesse d’Orléans sollicitait auprès du Roi la grâce de son fils ; je savais que, quelque bien disposée que fût Sa Majesté à la lui accorder, ne négligeant aucun moyen d’être bien