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nant par hasard, aperçut M. de Villequier qui le suivait un bougeoir à la main. Ayant l’air surpris et presque fâché, Sa Majesté lui dit : Monsieur, je veux être seul. Le Roi entra dans l’appartement du comte d’Avaray, puis dans le cabinet, dont les portes furent aussitôt refermées. Sa Majesté y resta plus de deux heures, et se retira ensuite. Le comte d’Avaray envoya chercher à la bouche quelques rafraîchissemens, et écrivit à M. Driesen. À peine une demi-heure fut-elle écoulée, que celui-ci arriva, reprit l’inconnu dans son carrosse, le conduisit à l’hôtel du Gouvernement, où, sans perdre un moment, l’étranger monta dans sa voiture, attelée de chevaux frais, et reprit la route de Pologne.

Le lendemain toutes ces particularités ayant transpiré, excitèrent la curiosité générale ; elle augmenta encore lorsqu’on apprit que depuis quelque temps M. Driesen, gouverneur de la Courlande, prévenu de l’arrivée de ce personnage mystérieux, avait reçu des ordres pour qu’il fût protégé dans