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d’Angoulême, est déposé dans les archives de la chambre des finances de Mittau.

Dans le courant de juin (1799), l’arrivée à Mittau d’un inconnu y fit événement. Si l’on se reporte à cette époque, on se ressouviendra que rien n’était plus difficile que de pénétrer en Russie, surtout du côté de la frontière prussienne, et que l’on n’y était reçu qu’avec un passe-port signé de Paul Ier. L’inconnu, voyageant en poste sous un nom allemand, et sous la qualité de négociant (Koffmann), arriva à Mittau sur les neuf heures du soir. Conduit par la garde des portes chez M. Driesen, gouverneur, celui-ci, qui semblait l’attendre, le fit monter aussitôt dans sa voiture, le mena au château, le mit entre les mains de M. le comte d’Avaray, et se retira. M. le comte d’Avaray écrivit aussitôt au Roi, qui, dans ce moment-là, et suivant son usage, faisait un wisk. Sa Majesté quitta sa partie, et, sans dire un seul mot à personne, descendit chez le comte d’Avaray. Arrivé au bas de l’escalier, le Roi se retour-