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étrangères, dont celui-ci était chargé. Les conséquences en étaient si majeures, qu’il ne fut pas possible, ni de dissimuler, ni même de pallier des torts aussi réels. Après avoir recueilli les preuves probantes et matérielles, M. le comte d’Avaray les présenta au Roi, entouré de ses courtisans. L’évidence était telle, que M. N** ne put articuler un seul mot d’excuse. Le Roi lui dit de se retirer de sa présence, et le remplaça en donnant le porte-feuille à M. le comte de Saint-Priest, qu’il rappela de Vienne, où il était chargé des affaires de Sa Majesté.

Le Roi resta jusqu’au mois de février 1798 à Blankembourg, c’est-à-dire jusqu’au moment où, attiré par l’empereur de Russie, Paul Ier, son départ fut décidément fixé au 11 du même mois. Sa Majesté me chargea d’aller à Hambourg, pour y toucher le montant des lettres-de-change qu’elle avait reçues de Pétersbourg, qui lui était nécessaire pour se rendre à Mittau, en Courlande, où elle devait faire sa résidence.