Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/174

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


que ce prince rendit à la France. La Providence le réservait pour lui épargner un nouvel attentat. Le Directoire français, après avoir manqué son but à Dillingen, ne se rebuta pas. Sous ses auspices, il se forma une nouvelle association pour assassiner Louis XVIII, et le rendez-vous était à Hambourg. Un des conjurés, jeune homme dont les écarts avaient éloigné de lui le cœur de ses parens, et qui, abandonné à lui-même, s’était jeté dans la société des plus vils scélérats, vint donc à Hambourg. Là, par le plus grand des hasards, il rencontre son oncle, homme probe et vertueux ; celui-ci, loin de le repousser, l’attire, le caresse, emploie enfin l’ascendant de la tendresse et de la vertu pour lui parler du désordre dans lequel il vit, et du précipice où il se laisse entraîner (et il était loin de penser ce qu’il était réellement). Le jeune homme, touché, ébranlé par les témoignages de bonté de son oncle, lui promet un sincère retour et lui fait l’aveu du sujet qui l’a amené à Hambourg ; il lui