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répondu que seul, il serait reçu sur les terres d’Espagne.

Après un refus aussi positif, le Roi, brûlant de se réunir aux fidèles royalistes, voulut tenter dans l’ouest de la France ce qu’il lui était impossible d’effectuer dans le midi. Il avait tout à combattre, et surtout la surveillance jalouse et malintentionnée du cabinet de Vienne. Le Roi ne pensa donc plus qu’à quitter Vérone ; mais ce ne pouvait être que furtivement ; d’après la police extrêmement vigilante du gouvernement vénitien, rien n’était plus difficile que de mettre à exécution un tel projet. Le Roi quitta Vérone en avril 1796, accompagné seulement du comte d’Avaray, du comte d’Agoult, aide-major général, et de Guignet, valet de garde-robe. Il nomma le comte d’Avaray capitaine de la compagnie écossaise de ses gardes-du-corps, poste vacant par la démission du duc d’Ayen, titulaire. Maintenir l’incognito le plus sévère, supporter les inconvéniens d’une petite voiture, se frayer un chemin inconnu pour traverser