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« Le comte Rostopchin accorde le temps nécessaire à M. Gazo père, pour se remettre de sa maladie : après quoi il faudra qu’il se rende avec son fils dans le gouvernement de Wologda. La conversation qu’il me demande n’amènerait aucun résultat ; il n’y a ni calomnie ni malveillance qui agissent auprès du comte Rostopchin ; mais une nation qui n’a ni foi ni loi, et qui n’a d’autres titres depuis vingt ans que des crimes et des forfaits, ne doit jamais prendre à témoin l’Être suprême, dont la justice est méconnue chez les brigands. »

Si notre zèle et notre fermeté avaient été remarqués du gouvernement, notre malheur le fut aussi de quelques personnes à qui nous avions rendu des services personnels. Elles vinrent nous trouver dès que l’ordre de notre exil leur fut connu, et elles s’empressèrent de nous offrir des secours, que nous acceptâmes avec reconnaissance. Nous en profitâmes pour adoucir le sort de nos compagnons d’infortune que nous allions aban-