Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/151

Cette page a été validée par deux contributeurs.


heureusement trop fidèle, de l’état déplorable où se trouvaient les malades et les blessés français. Ils avaient été transportés de l’hôpital des Enfans-Trouvés dans des cachots souterrains et humides, où ils étaient entassés pêle-mêle, et où il en mourait jusqu’à trente par jour. Nous invoquâmes les saintes lois de l’humanité, et nous finissions en demandant à S. Exc. un délai de huit jours pour rétablir nos santés. Nous le conjurions en même temps de nous accorder une entrevue particulière.

Nous espérions, si nous obtenions enfin cette dernière faveur, pouvoir détruire les calomnies dont nous supposions qu’on s’était servi auprès du comte Rostopchin pour lui arracher l’ordre de faire jeter nos malheureux compatriotes dans des antres affreux, où ils étaient privés de tout, même de la clarté du jour.

Voici la réponse que nous fit M. le comte Rostopchin ; elle était écrite tout entière de sa main :