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dans un lieu écarté pour venger l’offense qu’il venait de recevoir. Le sort des armes le favorisa, il blessa légèrement son adversaire au bras droit ; mais celui-ci voulut recommencer, et, malgré les observations fort sages et fort polies de M. Alloard, les trois autres officiers, qui devaient rester simples spectateurs du combat, le provoquèrent à leur tour en le menaçant. M. Alloard fut obligé de se mettre sur la défensive, et il eût infailliblement succombé dans cette lutte inégale, sans deux de ses collègues qui arrivèrent et mirent fin au combat.

Le soir nous partîmes d’Imterbourg. En arrivant à Gumbinen, village en avant de Kowno, je me trouvai indisposé, et j’obtins d’y rester six jours pour prendre quelque repos. Ce temps étant expiré, je me remis en route avec M. Alloard qui ne m’avait pas quitté ; mais nous ne pûmes rejoindre la grande armée qu’à Wilna.

Notre halte à Gumbinen avait été précédée d’une rencontre fort heureuse en pareille