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guerres de la place quatre-vingts voitures pour le transport des vivres.

Notre séjour à Imterbourg fut marqué par un incident qui pouvait avoir des suites très-fâcheuses. Le 19, jour de notre départ, dans la matinée, M. Alloard, mon beau-fils, était de garde au parc avec quatre sous-employés ; je lui avais donné l’ordre de ne délivrer de voitures que sur des bons de M. le commissaire des guerres, visés par M. l’ordonnateur en chef du petit quartier-général.

Quatre officiers d’infanterie appartenant aux alliés de la France, se présentent sans être munis d’un bon, et demandent une voiture à deux colliers pour rejoindre leur corps. Fidèle à la consigne qu’il avait reçue, M. Alloard les refuse ; ces officiers, mécontens, jurent, menacent, et l’un d’eux se permet même des propos insultans. Mon beau-fils ne put les entendre sans en être offensé et il lui en demanda satisfaction. Jeune, plein d’honneur, mais plein de confiance, M. Alloard se rendit seul avec ces quatre officiers