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lui faisait même espérer par la suite de plus grands avantages. M. Rosetti était autorisé à signer avec Mourad un traité portant qu’il conserverait avec lui 5 à 600 hommes à cheval, avec lesquels il gouvernerait la province de Girgé, depuis les Cataractes jusqu’à une demi-lieue au-dessous de Girgé ; mais qu’il se reconnaîtrait dépendant de la France. Le général Bonaparte s’engageait à n’y faire entrer aucune troupe. Cette négociation, qui resta secrète, n’eut aucun succès ; mais plus tard elle servit de base à Kléber, dans son arrangement avec Mourad-Bey.

Le parti que le général en chef prit d’étendre et de diviser son armée lui facilita la conquête de l’Égypte, et les moyens de faire subsister les soldats. Mais le dégoût dans l’armée était général ; toutes les administrations étaient désorganisées ; il existait entre les officiers un égoïsme et une humeur qui s’opposaient à ce qu’ils pussent vivre ensemble. Ils étaient toujours aux prises avec les généraux,