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rière et par les côtés ; mais heureusement nous avons battu les plus redoutables de nos ennemis ; les mameloucks ne craignent nullement notre cavalerie ; ils ne redoutent que le canon, tombent sur les coups de fusil, comme le sanglier court sur le chasseur après qu’il est blessé. Ils n’ont pas de canon, ajoutaient nos soldats ; s’ils en avaient, s’ils savaient s’en servir, il n’y aurait nulle nation pour les battre. »

Cependant, tandis que Mourad-Bey fuyait vers la haute Égypte, Ibrahim-Bey, qui était resté sur la rive gauche de ce fleuve, recueillait les beys et les mameloucks qui avaient réussi à traverser le Nil à la nage. La terreur et la confusion régnaient au Caire, où l’on croyait à chaque instant voir arriver les Français sur les traces des fuyards. La populace commençait à remuer, et Ibrahim, ne se croyant point en sûreté, enleva ses trésors, quitta la ville dans la nuit et se dirigea vers Belbeis. Les négocians français du Caire, qui avaient failli être égorgés, se hâtèrent le len-