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rent ensuite sur la division Bon, qui les accueillit de même ; ils percèrent les carrés, mais sans pouvoir les entamer d’une manière décisive. Enfin, après divers efforts inutiles, on les vit prendre la fuite, après avoir perdu sept à huit cents hommes. Deux cents se noyèrent en voulant passer le Nil à la nage. Le village d’Embabeh fut enlevé presque aussitôt, et nos soldats y firent un grand butin, ainsi que sur le champ de bataille, où ils s’enrichirent des dépouilles des mameloucks.

Cette valeureuse milice n’avait opposé qu’un courage irréfléchi à notre discipline parfaite. Nous inspirâmes une grande idée de notre tactique à un ennemi qui n’en avait aucune, qui ne savait guerroyer que par la supériorité des armes, l’adresse et l’agilité, c’est-à-dire dans un combat corps à corps ; mais du reste, sans ordre, sans tenue, ne sachant même pas marcher par escadrons, donnant sur son ennemi à la manière des hordes, par bourrasques et effarouchées.