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du Caire et à cinq lieues des fameuses Pyramides, dont on apercevait le sommet.

Déjà les mameloucks, au nombre de 4,000 hommes à cheval, et placés sur la rive gauche du Nil, marchaient sur nous au petit pas pour nous livrer bataille. Ils rôdèrent d’abord autour de nos divisions formées en carré, sans pouvoir faire la moindre attaque sur aucune d’elles ; la journée se passa en escarmouches, jusqu’à trois heures après-midi. On s’aperçut alors que les mameloucks faisaient un mouvement. Notre armée avait sa droite appuyée aux Pyramides, et la gauche au Nil près le village d’Embabeh, retranché par l’ennemi. Alors, cédant à la voix de leur chef, ils vinrent se heurter contre une armée d’élite : leur charge fut un acte de fureur, de rage et de désespoir. La première attaque fut dirigée contre les divisions Desaix et Reynier. Formés en bataillons carrés, les soldats de ces deux divisions les reçurent avec assurance, et à dix pas un feu de file fait sur eux en jeta près de deux cents à terre : la mitraille fit le reste. Ils vin-