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vint mouiller en face du village où étaient réunis les mameloucks. Dès la pointe du jour, ils firent voir toutes leurs forces, rôdant autour de l’armée, tantôt au galop, tantôt au pas, par bandes de dix, de trente, de soixante, et vingt fois essayant de nous charger, mais trouvant partout nos bataillons hérissés de baïonnettes, ou couverts par l’artillerie. Les mameloucks passèrent ainsi toute la journée, nous tenant exposés à un soleil brûlant. Le général en chef temporisa pour connaître son ennemi et se mettre au fait de son genre de guerre.

Ces mameloucks sont des hommes bien montés sur des chevaux arabes, et bien armés ; mais aucune tactique ni aucun élément de guerre ne les conduit ; ils se montrent intrépides à l’excès. Cette première journée se décida par la retraite, après qu’ils eurent perdu environ vingt-cinq hommes qui vinrent se faire tuer dans nos rangs. Aucun ne s’est rendu. Étonnés de l’ordre que présentaient nos colonnes, ils remirent à un autre jour