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de résister à l’escalade. Quelques Francs, sortis d’une manière furtive, vinrent apprendre à l’état-major que les mameloucks et les principaux Arabes s’étaient réfugiés dans le désert ; qu’une partie de la population s’était jetée dans les forts, mais en tumulte, et que la plus grande confusion régnait dans la ville.

Le général en chef ayant ordonné l’attaque, quoique sans aucune pièce d’artillerie, nos soldats, marchant sur les ruines de l’ancienne ville, arrivèrent aux remparts et s’y précipitèrent avec fureur. Les Turcs tirèrent mal quelques coups de canon ; mais nous étions déjà au pied des murs ruinés de l’enceinte. Là, nous reçûmes la mousqueterie et les pierres que nous lançaient les Arabes et les Turcs ; nos soldats n’en montaient pas moins à l’assaut par des éboulemens de murs qui leur servirent de brèche. Les habitans armés, qui s’étaient portés sur leur toit et dans les maisons, firent un feu de mousqueterie qui renversa environ 150 hommes faisant partie des