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dats étaient jetés sur une côte semée de rochers et d’écueils au milieu d’une nuit obscure. On entendait des cris partant de plusieurs barques chargées de troupes errant au gré des vents et des vagues, et demandant en vain des secours. Plusieurs de nos soldats, débarquant sur des écueils, furent emportés par les vagues sans pouvoir être sauvés. La division Menou fut la première qui put mettre à terre une partie de ses troupes. Mais la demi-galère sur laquelle se trouvait l’état-major général éprouvait les plus grands obstacles pour suivre les canots qui gagnaient le rivage ; elle mouillait à une demi-lieue de terre dans l’obscurité de la nuit. À une heure du matin, le général en chef, instruit qu’il n’y avait point de résistance, et que les troupes débarquées s’acheminaient par pelotons vers Alexandrie, se jeta dans un canot, suivi des généraux Berthier, Cafarelli et Dommartin, et gagna la terre à quelque distance du Marabou. Il n’y avait encore ni artillerie ni chevaux débarqués.