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débarquement comme impossible à cause de la violence des vents, et des récifs qui remplissent la baie de Marabou. Rien ne put arrêter le général en chef, qui ordonna tous les préparatifs de la descente, et les pressa d’autant plus qu’il sentait la nécessité de mettre l’escadre à couvert d’un combat qui eût été inégal dans le désordre d’un premier mouillage sur un fond inconnu. À quatre heures du soir, le général monta sur une demi-galère de Malte avec son état-major, afin de pouvoir approcher plus près de la côte ; il était environné de canots et de chaloupes. Les préparatifs s’étant prolongés jusqu’à onze heures du soir, la demi-galère qui portait Bonaparte s’avança le plus près possible à travers les récifs du fort appelé Marabou, à deux lieues à l’ouest d’Alexandrie ; et l’ordre fut donné aussitôt aux embarcations qui portaient une partie des divisions Bon, Kléber et Menou, de débarquer sur la plage, en dépit d’une mer houleuse et d’un vent très-orageux. Entassés dans des canots, nos sol-