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mer. Cette flotte nous avait manqués sous l’île de Sardaigne même, qu’elle avait tournée en même temps que nous ; elle avait manqué ensuite le convoi de Civita-Vecchia, composé de cinquante-sept bâtimens et portant 7,000 hommes. Il était à craindre que nous ne la trouvassions dans les eaux d’Alexandrie, où les vents d’ouest qui règnent dans la saison d’été nous conduisaient directement. L’ordre fut donné par l’amiral à tous les vaisseaux qui éclairaient la marche de l’escadre d’arrêter tous les bâtimens qu’on rencontrerait, et de les forcer à suivre l’armée : c’était le seul moyen d’empêcher la flotte anglaise de recevoir aucun avis sur la marche de notre expédition. Nous découvrîmes, au bout de quelques jours de navigation, les hautes montagnes couvertes de neige de l’île de Candie, et, entrés dans la pleine mer, nous arrivâmes le 30 juin dans les eaux de l’Afrique.

Le lendemain, Ier juillet, à la pointe du jour, treize jours après notre départ de Malte, et le quarante-troisième de notre départ de