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avait mouillé tout l’hiver à Corfou et des offres continuelles qu’Ali avait faites de fournir aux Français toutes les denrées dont ils pourraient avoir besoin, pour faire cette démarche auprès du pacha de Janina. À Paris comme à Malte on sentit l’importance, au moment de l’expédition d’Égypte, de se concilier Ali-Pacha, qui pouvait nous troubler, soit à Corfou, soit en Italie. Tout fut employé pour captiver son amitié, au moment où l’expédition pouvait indisposer la Porte ottomane contre nous. Mais l’aide-de-camp La Valette ne put remplir auprès d’Ali la mission dont l’avait chargé le général Bonaparte, le pacha étant depuis quatre mois à l’armée envoyée par le grand-seigneur contre Passavan-Oglow. Toutefois la lettre que lui écrivait le général lui fut envoyée au camp sous Widin. Elle ne produisit aucun effet, par la raison que la Porte déclara bientôt la guerre à la France, et qu’Ali-Pacha était trop rusé, voyant l’Europe presque entière liguée de nouveau contre nous, pour ne pas suivre le