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rable, s’élevant à quatorze mille âmes environ. Quelques-uns des habitans, voyant que l’ordre de Malte était détruit, se persuadaient qu’on allait leur en partager les terres, et ils s’emparaient déjà des terrains qui leur convenaient. Le général fit signifier que les terres de l’Ordre seraient désormais domaines nationaux. L’île me parut avoir quatre lieues de long sur deux de large. Elle a toujours suivi le sort de Malte ; elle est beaucoup plus riante, par conséquent moins stérile ; j’y ai vu beaucoup d’arbres et une grande quantité de sources.

Quand je retournai à Malte, tout était déjà soumis et les forts occupés par nos troupes ; il y avait eu plutôt défection que combat ; on avait fini par conclure un traité avec le grand-maître, qui s’était cru trop heureux de recevoir de la république une pension de 100,000 écus. L’armée navale était entrée dans le port de Malte, et le drapeau tricolore remplaçait les bannières de l’Ordre.

Le général en chef fit son entrée à Malte