Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/46

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


était à bord de la frégate l’Alceste, l’ordre de s’emparer de l’île du Gose, située à environ une lieue au nord de Malte. Cette île était défendue par des corps de milice composés d’habitans, et par un régiment de garde-côtes, en tout deux mille hommes, qui étaient répartis sur les différens points, garnis de forts et de batteries. Le général, pressé d’exécuter les ordres du général en chef, rallia le convoi, distribua les signaux et se rapprocha de la côte ; mais la variation des vents et le calme l’empêchèrent de s’en approcher. Son intention était d’éviter les forts et les redoutes pour ne pas exposer ses bâtimens et ses troupes au feu des batteries des côtes ; il choisit en conséquence, comme but de débarquement, le point très-escarpé du Redum-Kibir, que les habitans regardaient comme à l’abri de toute insulte. À une heure après midi le général Reynier fit embarquer des troupes dans tous les canots et chaloupes, et, partant lui-même de la frégate l’Alceste, à bord d’un canot, avec une compagnie de gre-