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Le 20 prairial, les armées aux ordres du grand-visir, du capitan-pacha, et d’Hutchinson, se réunirent à la pointe du Delta ; une salve générale d’artillerie des trois armées annonça cette réunion des 80,000 hommes. Les Mameloucks qui venaient de perdre Mourad-Bey de la peste, rompirent la trève, et le traité qui avait été conclu par Kléber ; ils se rendirent au camp des Anglais. Le général Belliard avait résolu d’opposer la plus vigoureuse résistance. Le Nil fut même barré, et de fortes batteries de trente-six tiraient sur la ligne de la flottille formidable de l’ennemi.

Le 28, l’ennemi s’est avancé vers le Caire et Gizéh. Sa marche était imposante ; elle était annoncée par des signaux au bruit du canon, et les habitans étaient pleins d’effroi dans leurs mosquées. La vue de tant d’armes était terrible ; il ne fallait rien moins que l’héroïque constance de la valeur française pour voir avancer, sans se déconcerter, de telles forces, portant la terreur et la mort partout. Le général Belliard se présenta