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des manœuvres et le sang-froid de l’amiral le dégagea. Nous nous mîmes en route au nombre de plus de deux cents voiles, ce qui formait un coup d’œil magnifique. Depuis les croisades on n’avait pas vu un pareil armement dans la Méditerranée. Nous longeâmes la côte de Provence jusque vers Gènes, d’où l’on se dirigea sur le cap Corse. Le 28 mai le calme nous tint au large du détroit de Bonifacio pendant deux jours ; ce fut dans cette position que nous rallia le convoi de Corse, composé de trente bâtimens de transport, escorté par la corvette la Mantoue ; il se réunit au grand convoi et à l’escadre aux bouches de Bonifacio, à l’est. Le convoi de Gènes, au nombre de cent vingt voiles, était escorté par deux galères de Gènes, sous les signaux de la frégate française la Sérieuse. Il rejoignit le grand convoi, non à l’île de la Madeleine, comme on l’a dit, mais à la hauteur du cap de la Galoupe, du 29 au 30 mai. Après la réunion, les galères serrèrent la côte et entrèrent à Villefranche.