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donnés, à la manière distinguée avec laquelle il a traité les Turcs, fait célébrer les fêtes du Prophète, et respecter la religion, les femmes et les propriétés.

Sous Menou, le soldat a été très-discipliné ; il y avait cependant des femmes publiques dans nos quartiers. On dira sans doute que cette espèce de tolérance a dû exciter des rixes ; non. Et pourquoi ? Les corps de l’armée d’Orient étaient liés entre eux par une sorte de confraternité cimentée par la valeur ; une insulte faite à un homme d’un corps, d’une compagnie, était vengée par tous les camarades de celui à qui elle venait d’être faite. On peut dire que jamais harmonie n’a mieux régné que dans cette armée. On ne compte que huit duels pendant les années 8 et 9 (1800 et 1801). Chaque soldat connaissait sa position ; tout le monde était frère ; un homme avait-il perdu ses effets dans une affaire, le corps le dédommageait ; la somme était faite par ceux qui en avaient les moyens.