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dépens du sang de ses habitans, pendant environ un mois. Enfin la famine commanda la fin de cette guerre horrible où les femmes jetaient par les fenêtres du plomb fondu et du soufre sur nos soldats.

Des députés de la ville et des Osmanlis se rendirent chez le général en chef, et lui demandèrent à capituler honorablement, sans quoi la ville subirait son sort.

Kléber les fit monter sur sa terrasse, et leur montrant la ville de Boulac que les flammes dévoraient, il leur dit : « Voyez cette belle horreur ; ainsi sera demain la ville du Caire, si vous ne vous soumettez à mes armes. Je jure, au nom du Prophète, que la religion sera respectée, ainsi que les habitans du Caire qui ont fait leur devoir en s’armant pour la religion ; nul habitant ne sera inquiété.

» La ville paiera seulement douze millions en contributions pour les dépenses qu’elle m’a occasionées. Les troupes du grand-seigneur se retireront au quar-