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« Au quartier-général du Caire, le 28 ventôse an 8.

» Les propositions que j’ai reçues de la part de Votre Altesse n’offrent pas assez de garantie pour l’armée qui m’est confiée ; ainsi il a été résolu ce matin, au conseil de guerre, que ces propositions seraient rejetées, et que la ville du Caire resterait au pouvoir des Français.

» Les deux armées doivent, dès cet instant, se regarder en état de guerre. Il faut que Son Altesse soit demain à Belbéis ; les jours suivans, à Salahiéh, où je lui enverrai des vivres. »

Signé Kléber.

Sur le refus du grand-visir Joucef, de repasser les frontières de l’Égypte vers le désert, le général Kléber, dans la nuit du 19 au 20 mars, fit toutes ses dispositions pour lui livrer bataille. L’armée turque était au moins de soixante mille hommes, Turcs, Arabes, mameloucks ; et l’armée de Kléber était au plus de dix mille Français, mais pleins de courage et d’ardeur. Nous rencontrâmes